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1864
Ma situation et ma disposition personnelles dans le cabinet du 29octobre 1840.—Des amis politiques.—Des divers principes et mobiles dela politique extérieure.—Quelle politique extérieure est enharmonie avec l'état actuel et les tendances réelles de lacivilisation.—Caractère de l'isolement de la France après le traitédu 15 juillet 1840.—Débats de l'Adresse dans les deux Chambres àl'ouverture de la session de 1840-1841.—Arrivée à Cherbourg du princede Joinville ramenant de Sainte-Hélène, sur la frégate la Belle-Poule,les restes de l'empereur Napoléon.—Voyage du cercueil du Havre àParis.—État des esprits sur la route.—Cérémonie des obsèques auxInvalides.—Conduite du gouvernement de Juillet envers la mémoirede l'empereur Napoléon.—Fortifications de Paris.—Vaubanet Napoléon.—Études préparatoires.—Divers systèmes defortifications.—Comment fut prise la résolutiondéfinitive.—Présentation, discussion et adoption du projet deloi.—Opinion de l'Europe sur cette mesure.
Quand le ministère du 29 octobre 1840 se forma, je ne me faisais pointd'illusion sur les difficultés, les périls et les tristesses de lasituation où j'entrais. Comme en 1831, nous entreprenions de résister,dans une question de paix ou de guerre, à l'entraînement national. Oncommençait à reconnaître qu'on s'était trop engagé dans la cause dupacha d'Égypte, qu'on avait trop compté sur sa force pour se défendrelui-même, et qu'il n'y avait là, pour la France, ni un intérêt, ni unpoint d'appui suffisant pour affronter une guerre européenne. Mais bienque sérieux et sincère, ce tardif retour au bon sens devant la brusqueapparition de la vérité était partiel et pénible; ceux-là même quis'y empressaient ressentaient quelque trouble de leurs vivacités dela veille; et une portion considérable du public restait très-émue desrevers de Méhémet-Ali, de l'échec qu'en recevait la politique française,et irritée sans mesure, quoique non sans motif, contre le traité du15 juillet et les procédés qui en avaient accompagné la conclusion. Lalumière qui éclaire les esprits n'apaise pas les passions, et une erreurreconnue ne console pas d'une situation déplaisante. Les adversairesde la réaction pacifique la repoussaient d'autant plus vivement qu'ilsn'étaient plus chargés de mettre en pratique leurs propres velléitésbelliqueuses et de répondre des résultats. J'avais la confiance que,dans la lutte qui se préparait, l'appui des grands, vrais et légitimesintérêts nationaux ne me manquerait point; mais je me sentais de nouveauaux prises avec des préjugés et des sentiments populaires dont jereconnaissais la force, tout en les jugeant mal fondés et en lescombattant.
Il y avait de plus, dans ma situation personnelle au moment où jereprenais le fard