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OEuvres d'Anne Radcliffe Tome I

Poitiers.—Imp. de F.-A. Saurin.

LA FORÊT,
OU
L’ABBAYE DE SAINT-CLAIR,

Par Anne Radcliffe.
TRADUIT DE L’ANGLAIS SUR LA SECONDE ÉDITION.

TOME PREMIER.

PARIS,
LECOINTE ET POUGIN, LIBRAIRES,
QUAI DES AUGUSTINS, No 49.

1830.
La Forêt

CHAPITRE PREMIER.

«Une fois que l’intérêt sordide s’empared’une âme, il y glace toutes lessources des sentimens honnêtes et tendres.Non moins ennemi du goût quede la vertu, il pervertit l’un et anéantitl’autre. Mon ami, un jour viendra,peut-être, où l’avarice, disparaissant dela terre, laissera l’humanité reprendreses premiers droits.»

Ainsi parlait l’avocat Nemours àPierre de La Motte en l’accompagnant,sur le minuit, à la voiture qui allait l’éloignerde Paris, et des poursuites de sescréanciers.

La Motte le remercie de la dernière2marque d’amitié qu’il lui donnait en favorisantson évasion. Il prononce untriste adieu..... La voiture part. L’obscuritéde la nuit et la crise de sa situationle plongèrent dans une profonderêverie.

Ceux qui ont lu Guyot de Pitaval, leplus fidèle des compilateurs qui aientrecueilli les causes portées au parlementde Paris durant le siècle dernier, nemanqueront pas de se rappeler la singulièrehistoire de Pierre de La Motteet du marquis Philippe de Montalte.Eh bien! l’individu que l’on met icisous leurs yeux est ce même Pierre deLa Motte.

Appuyée sur la portière, madame LaMotte jetait un dernier regard sur Paris.....Paris! le théâtre de son bonheurpassé, et le séjour de ses nombreuxamis! Le courage qui l’avait jusqu’alorssoutenue, cède à la force de la douleur.«Adieu tout! s’écria-t-elle avec un soupir;encore ce dernier coup d’œil, etnous voilà séparés pour jamais!» Seslarmes coulent, et, se rejetant en arrière,elle se résigne au silence de ladouleur. Le souvenir du passé pesaitcruellement sur son âme. Quelques3mois auparavant, riche, considérée, entouréed’amis empressés à lui plaire;aujourd’hui dépouillée de tout, misérablement,exilée du lieu de sa naissance,sans asile, sans secours...., et presquesans espoir! Ce n’était pas un de sesmoindres chagrins, que d’être forcéede quitter Paris sans avoir vu son filsunique, alors employé à son régimenten Allemagne. Elle ignorait sa résidence;et l’eût-elle connue, elle n’auraitpas eu le temps de lui écrire, ni de l’informerdu chang

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