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Lorsque Votre Majesté apposait son nom à la mémorable déclarationpromulguée, au sujet de la Traite des Noirs, par les Souverains assemblésau Congrès de Vienne, ce n'était pas pour se conformer à des actesdiplomatiques que commandaient les circonstances: elle croyait, j'en suisconvaincu, remplir un devoir solennel et sacré, dicté par les motifs lesplus puissans de la morale et de la religion. Ce n'était point, j'en ail'intime conviction, un vain mot dans la bouche de Votre Majesté,lorsqu'elle déclarait, de concert avec ses Puissans Alliés, s'acquitterd'un devoir pressant et impérieux. Cette conviction, je la tire del'assurance gracieuse que daigna me donner Votre Majesté, lors de sonséjour dans ce pays, de son zèle pour la grande cause de l'Abolition duCommerce des Esclaves; je la tire, surtout, de son respect pour les loisde Dieu et pour l'espèce humaine. Quoi qu'il en soit, des sentimens quiont pu diriger quelques-uns des signataires de cette fameuse déclaration,Votre Majesté se rappellera qu'une sentence solennelle de condamnationfut, alors, unanimement prononcée contre ce système cruel et abominablequi, sous le nom de Traite des Noirs, a long-temps désolé le continentafricain, et qui, sans parler des horreurs qu'il a entraînées à sa suite,a contribué, avec un si déplorable succès, à perpétuer l'ignoranceet la barbarie de près d'un tiers du globe habitable.
Votre Majesté se rappellera également que la sentence prononcée à Vienne,fut prononcée de nouveau et confirmée à Aix-la-Chapelle. Plus d'une fois,sans doute, les regards de Votre Majesté se sont reportés, avec une biendouce satisfaction, vers cette partie des opérations du Congrès, commevers l'une de ces circonstances si rares, mais si chères au coeur d'unMonarque chrétien, où l'autorité souveraine se voit investie du douxpouvoir de satisfaire et de surpasser, même, les voeux de la plus ardenteet de la plus exigeante philanthropie. Dans la pensée que vous aviezcomplété la somme de bienfaits que vous étiez appelé à répandre surl'Afrique, vous avez cru que vous pouviez enfin détourner vos regards decette partie du monde, et reporter votre attention vers de nouveaux champsde bienfaisance et d'humanité. Votre Majesté s'attend que les rapports quilui parviendront de l'Afrique, lui apporteront la consolante nouvelle queses nobles efforts ont été couronnés de succès, et que les bienfaits seméspar ses mains généreuses sur ces malheureux rivages, ont produit unemoisson abondante et fortunée, dans l'intérêt de la civilisation et de lafélicité sociale.
Hélas! pourquoi faut-il que je dissipe ces honorables illusions d'unMonarque philanthrope! Pourquoi faut-il que, par un pénible récit,j'afflige son coeur paternel! Sire! Préparez vous à apprendre que toutesles abominables horreurs dont l'Afrique avait été, si long-temps, lesanglant théâtre, et auxquelles vous avez cru avoir mis fin pour toujours,se renouvellent, aujourd'hui, avec plus de fureur et d'activité quejamais. Dans le récit que vous allez entendre, l'étonnement se joindra àl'horreur.
Et quel plus juste sujet d'étonnement que celui que nous offre la conduitede certains gouvernemens européen